PARIS FLOTTE-T-IL?

Collaboration avec l'anthropologue Germain Meulemans,
Paysage sonore signé par Floriane Pochon

Installation vidéo, HDV, Col, Multi-canal, 2019



Par cette installation, l'artiste et l'anthropologue invitent à interroger l’ambiguïté persistante de la nature du sol. Ils suggèrent de l’imaginer comme un espace semi-fluide, plutôt que de le considérer comme un volume solide et plein. Le voyage souterrain du personnage qu’ils ont pisté donne à voir une ville sur pilotis, des bâtiments dont les fondations ressemblent étrangement à des coques de navires, faisant émerger la question : Paris flotte-t-il?

L’eau s’obstine à s'infiltrer entre les pierres du dallage des petits et grands bâtiments parisiens. Un sourcier tente de lever le mystère en recherchant une source ou les traces d’une rivière souterraine sous le Musée des Arts et Métiers. Depuis un promontoire évoquant un autel, une dalle ouverte offre une vue plongeante sur un effondrement dans le sol. En suivant les pérégrinations du personnage, le visiteur est aspiré dans les profondeurs sous le musée des Arts et Métiers et Cnam jusqu’aux anciennes «?sources du Nord?», à Ménilmontant, qui alimentaient jadis le prieuré Saint-Martin-des-Champs. Par ce dispositif immersif d’une durée d’une quinzaine de minutes projeté sur les murs et le sol, le visiteur est convié à une expérience sensorielle et cognitive dans un Paris révélé en cité lacustre bâtie sur pilotis.


Vue de l'installation, Trois écran face, Musée des Arts et Métiers, Paris


Vue de l'installation, Musée des Arts et Métiers, Paris


Vue de l'installation, Projection/périscope inversé, Musée des Arts et Métiers, Paris


Vue de la vidéo, Paris flotte-t-il? Écran 2


Vue de la vidéo, Paris flotte-t-il? Écran 2


Vue de la vidéo, Paris flotte-t-il? Écran 1


Vue de la vidéo, Paris flotte-t-il? Écran 2


Vue de la vidéo, Paris flotte-t-il? Écran 1


Vue de la vidéo, Paris flotte-t-il? Écran 2

Ce projet a été présenté pour la première fois comme installation in-situ développée pour et avec la Tour Chapelle, espace méconnu des visiteurs, au Musée des Arts et Métiers, Paris.
Cette installation a pris corps durant une enquête menée par l'anthropologue et l'artiste sous la ville de Paris, interrogeant l’apparente «solidité» des sols de la ville. Ils sont descendus dans le puit situé sous l'esplanade du musée et ont glissé dans les sous-sols du Conservatoire aménagés sous la nappe phréatique, où des stations de pompage évacuent en permanence l’excédent d'eau.
En suivant la piste de l’existence hypothétique de ruisseaux souterrains irriguant le quartier Arts et Métiers, ils se sont aventurés dans les passages souterrains et les carrières de Paris, à la rencontre des travailleurs qui entretiennent et consolident les fondations de la ville. Ils ont également rencontré des chercheurs, spécialistes de la géotechnique - une discipline «invisible» sans laquelle il n’y aurait pas de grandes constructions à la surface. Leur périple s'est achevé au regard de la Lanterne où l’on peut encore voir les vestiges de la rivière et de l’aqueduc de Belleville qui fournissait l’eau au prieuré.

Le processus de recherche et d'enquête qui donna lieu à l'installation est présenté dans une publication accompagnée par un texte inédit de Tim Ingold. Design by Eva Dalg.
Edition en accès libre




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