I.55 OU L'ENFANT QUI AVALA LES VESTIGES D4UNE FORET, 2012

Graphite sur papier, carte, spécimen pathologique

Une expédition sur les traces d'un fragment de graphite ingérée par une jeune fille de 17 ans, vers 1914.

Calcification, Spécimen de la collection pathologique de St Bartholomew’s Hospital, Londres


Vue de l'installation: Ceeac, Strasbourg, 2015

Extrait de la Série VI_Ancienne forêt carbonifère, Graphite sur papier Arches, 7x15cm

Extrait de la Série VI_Veine de graphite, Graphite sur papier Arches, 7x15cm

Extrait de la Série VI_Mine de graphite, Graphite sur papier Arches, 7x15cm

Extrait de la Série VI_Plombagine Graphite sur papier Arches, 7x15cm

Extrait de la Série VI_Usine Conté Graphite sur papier Arches, 7x15cm

Extrait de la Série VI_Sennelier, Graphite sur papier Arches, 7x15cm


HDV, Col, 7'50''

_______________________________________________________________________________
Au début du XXème siècle, dans le sud-ouest de Londres, une jeune fille avala un crayon de graphite. Ce fragment de graphite se trouve depuis lors dans une vitrine de la collection pathologique de l’hôpital St Bartholomew à Londres. Durant l’été 2012, je suis partie sur les traces de ce morceau de graphite. Après un voyage en train de 1000 kilomètres, cinq jours de marche, l'ascension de plusieurs cols et la traversée de friches industrielles, j’ai retrouvé les principaux lieux de sa formation. Chaque étape a donné jour à six séries de dessins soit quarante et une esquisses réalisées au graphite.
Guidée par le géologue Raymond Lestournelle et le géophysicien Luc Tondeur, je suis retournée à la genèse de cette mine de graphite. J’ai traversé les sites houillers de Combarine où durant des milliers d'années, les restes organiques de forêts se sont transformés en carbone, il y a plus de 300 millions d’années.
Au col du Chardonnet, à quelques dizaines de kilomètres de ce site, et à une altitude de 2800 mètres, nous avons localisé une forme cristallisée de carbone, des veines de graphite, résultat d’une métamorphose de contact. En suivant cette veine sombre et huileuse qui traverse une paroi fouettée par des vents glacés, nous avons débouché sur l’une des six entrées de la mine, seul site en France, où fut extrait ce matériau jusqu’en 1932. Sous la lumière de nos torches spéléologiques, les galeries de la mine semblaient comme abandonnées la veille.
Dévalant les pentes, les goulottes hydrauliques qui servaient à transporter la matière extraite nous ont ramené dans la vallée où se trouvent les vestiges de la Plombagine, usine de traitement et de transformation du graphite. De là, j’ai repris le train vers la fabrique des crayons Conté.
A l’époque de l'accident de la jeune anglaise, Sennelier vendait les crayons Conté dans sa boutique des quais de Seine à Paris. Cette boutique maintenait une liste détaillée de ses clients. Ces documents préservés dans les archives de la bibliothèque Forney à Paris m'ont permis de retrouver un certain Edgar Amphlett. À l'été 1914, ce journaliste fut nommé correspondant de guerre pour le Times en France. Quelques mois plus tard, sa fille avalait un crayon.






LISTE DES PROJETS ____BIOGRAPHIE____ CONTACT